Tertous des p’tits rambilles

TOURNAI
Tertous des p’tits rambilles

Huit cents écoliers étaient de la fête, samedi, en l’honneur des 100 ans de la Royale Compagnie du Cabaret wallon tournaisien .

Dès le matin, le marché de la Place de Lille était animé par les aînés des Ursulines. En sarrau bleu et foulard rouge, ils offraient aux passants une dose de bonne humeur. Jeu de palets, Trou Madame, Jeu de la grenouille, mais aussi des maximes et expressions à reconnaître, à apprécier.

«On est bien surpris de la proximité du patois avec d’autres langues», rappelle Damien Cabo, enseignant et lanceur de toupies. Pour son collègue Pascal Ghislain, originaire de Laplaigne, les souvenirs d’école sont liés à la présence de gamins chtimis dans les classes du village. De quoi faire revivre de belles pages.
Que du bonheur

L’après-midi, d’autres jeunes animateurs se sont joints aux «ouveriés» de la première heure dans le hall de la Maison de la culture.

Les étudiants des hautes écoles (HECF et HELHO) ont prouvé que la langue picarde s’accommode très bien des nouvelles technologies. Des classes ont célébré «Gramère Cucu», les fables et dictons, et même de délicieuses «penn’tières».

Les deux grandes scènes du bâtiment ont vu défiler des enfants d’une trentaine d’écoles de la région. L’enthousiasme et la cordialité des familles ont servi à merveille l’excellente organisation des huit heures de spectacles.

Le mot du président du Cabaret wallon, Philippe De Smet? «Rien que du bonheur. Déjà en entrant à la Maison de la culture, on se sent porté par l’ambiance. C’est Tournai qui est mise à l’honneur. Son coeur rouge et blanc bénéficie à présent de sang neuf. Tout cela est source de beaucoup d’émotion pour nous tous. On se dit qu’on peut envisager l’avenir. La relève est présente suite à la belle initiative de Bernard Clément et Michel Derache. Dans les coulisses, j’ai entendu des enfants parler patois entre eux, avec les mots appris grâce à cette expérience. Cela m’a beaucoup touché.»

Si la mémoire de la région, d’Ellezelles à Pecq et de Templeuve à Wiers, et celle de la cité tournaisienne, étaient très présentes au cours de la journée, le public a également applaudi les expressions contemporaines. De jeunes comédiens ont associé le mime, la chanson, l’image, le mouvement. Quelques classes ont introduit le hip hop et le rap dans des récitals chargés d’une épatante énergie.

Des textes contemporains ont été mis en voix et en scène, et quelques classiques revisités par le patois. Celui-ci ne cesse d’intriguer depuis que l’écran a souligné en couleurs ses sympathiques particularités. «L’idée du rassemblement d’écoliers était lancée dix mois avant la sortie du film», précise le pianiste Philippe De Smet. «Mais celui-ci a apporté une fameuse dose de fierté et de joyeux élan dans les classes concernées par le projet. On ne peut que s’en réjouir.»
.Françoise LISON

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