Gérard Canivet: une vie au chevet de la souffrance

Son nom était connu bien sûr. Mais son oeuvre, ses oeuvres multiples, le sont bien davantage. Et c’est ce qu’il aimait.

Institut d’enseignement spécialisé à Kain, Les Erables à Tournai, Le Rucher à Leuze, Le Saulchoir à Kain, Au détour du Possible à Ere, Comité d’Entraide de Lesdain, Les Blés d’Or à Mourcourt, Bon Pasteur à Bury, La Marelle, L’Entracte, Le Cep, Le Saule, l’IFI, le CERAT… et on en oublie sans doute. Gérard Canivet avait fondé lui-même, ou participé à la fondation, ou contribué au développement de toutes ces institutions centrées sur l’aide aux personnes les plus fragiles…

Les hommes au dévouement total, inconditionnel, sont rares en notre société. Gérard Canivet, dont les funérailles ont eu lieu lundi à Kain, était incontestablement de ceux-là. Le vide laissé par sa disparition à 79 ans paraît immense à tous ceux qui trouvaient en lui réconfort, conseils, bons sens, écoute, efficacité et bonté.

L’aventure, dans toute l’acception du terme, débute en 1963. Esprit ouvert et entreprenant, Gérard Canivet, soutenu par quelques personnes bien conscientes des manques entourant certains êtres défavorisés, crée une structure capable d’accueillir, faire grandir de jeunes handicapés. Ainsi naît « l’Institut d’enseignement spécial » dont le besoin est si évident qu’il ne cessera de se développer sous de multiples formes.

C’est le premier jet d’une action qui sera si prenante, si valorisante mais aussi tellement contraignante que le fondateur abandonne sa fonction de professeur à Saint-Luc en 1971 et ne se consacre plus qu’aux différentes institutions que, patiemment, il a semées dans la région.

Elles sont nombreuses, sous forme de réadaptation, d’insertion scolaire et/ou professionnelle, d’accueil et de formation. Elles ont un point commun, celui de se tourner vers les défavorisés, ceux « pour qui le sort a été moins généreux et qui méritent notre attention, notre générosité, notre soutien » disait-il volontiers.

La charge, bien que partagée avec son épouse, était écrasante. Accomplie avec une extrême humanité, une modestie naturelle, une confiance sans faille en l’avenir, une sensibilité profonde face à la douleur des parents et au désarroi des handicapés, elle a beaucoup apporté « à ce monde que notre société marginalise trop souvent ».

Les fêtes, bals ou soupers publics ne sont qu’une infime partie de son inlassable activité. Il fut un précurseur, un rassembleur grâce à sa vision claire, sa perception intelligente des besoins de ses protégés, sachant s’entourer d’une équipe à laquelle il a transmis ses valeurs, son enthousiasme, son dynamisme. Grâce à ces qualités, il laisse un héritage certes matériel mais surtout spirituel qui doit être sauvegardé sinon l’oeuvre de Gérard Canivet perdrait tout son sens. Cet exemple qu’il a laissé au cours d’une existence tout entière vouée aux autres sera une authentique consolation pour sa famille et ceux qui l’ont côtoyé, aimé et auxquels notre quotidien présente ses sincères condoléances.  E.B.

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