Mesures Covid-19 du 16/04/2020

Madame, Monsieur,

Le Conseil national de sécurité, qui détermine les mesures visant à contenir la propagation du COVID-19, s’est réuni ce mercredi 15 avril et s’est prononcé sur la prolongation des mesures de confinement jusqu’au 3 mai.

Les leçons restent suspendues jusqu’à cette date.

Dans le contexte de crise sanitaire que nous connaissons, nous demandons aux parents de garder au maximum leurs enfants à la maison ou de trouver des alternatives de garde n’impliquant pas des personnes à risque.

Toutefois, des garderies doivent être maintenues selon des modalités identiques à celles prévues pendant la période du 16 mars au 3 avril.

Enfin, je tiens à souligner que le Conseil national de sécurité n’a encore pris aucune décision quant à une reprise des leçons après le 3 mai. Cette reprise ne pourra s’envisager que si les conditions de sécurité des membres du personnel et des élèves sont parfaitement définies et strictement rencontrées. Ses modalités et son calendrier devront être définis sur base des recommandations des experts qui travaillent aux scénarios de déconfinement, mais aussi dans la concertation avec les acteurs de l’enseignement pour tenir compte au mieux des réalités de l’école.

En raison des matières non vues et du manque de pratique, les épreuves externes communes certificatives telles qu’elles ont été conçues risquent de ne plus être adaptées au niveau de la majorité des élèves. 
Il apparaît en outre impossible de modifier le contenu des épreuves, par exemple en retirant certaines questions qui porteraient sur de la matière non vue. En effet, les écoles n’abordent pas toutes les matières dans le même ordre. Retirer des pans de matière des ces épreuves ne serait donc pas pertinent.
Par ailleurs, le temps habituellement consacré à ces épreuves et aux examens pourrait être utilement récupéré pour rattraper les apprentissages perdus pendant la durée du confinement. 
Au regard de ces éléments, et des aménagements importants qui seront nécessaires dans l’accueil des élèves au moment de la reprise des leçons, le Gouvernement a décidé de l’annulation des épreuves externes certificatives.

L’octroi du certificat reposera donc sur le jury d’école ou le conseil de classe. Pour ce qui concerne les élèves inscrits à titre individuel aux épreuves externes certificatives 2020, les modalités d’octroi des certificats seront précisées prochainement.
Les services de l’administration préparent actuellement les projets d’arrêtés du Gouvernement nécessaires en vue de l’annulation des épreuves externes certificatives (CEB, CE1D et CESS) et de l’adaptation des procédures de recours. Ils travaillent également à l’identification de l’ensemble des situations spécifiques nécessitant des actions complémentaires.

Complémentairement, le Gouvernement a assorti sa décision de plusieurs éléments qui concernent toutes les années d’études :

– Il conviendra de favoriser la poursuite des apprentissages jusqu’au 26 juin 2020, et l’organisation des jury et des conseils de classe jusqu’au 30 juin 2020 ;

– les évaluations sommatives ne pourront pas être concentrées sous la forme d’une session de fin d’année et ne pourront porter que sur des matières qui ont été enseignées en classe, en ce compris dans les années concernées par le CEB, le CE1D et le CESS ;

– des recommandations seront adoptées en étroite concertation avec les acteurs de l’enseignement pour encadrer les objectifs poursuivis jusqu’à la fin de l’année et les conditions de réussite dans l’optique d’assurer le respect d’un principe d’équité ainsi que d’éviter de préjudicier les élèves dans la poursuite de leur parcours scolaire ; tous les moyens utiles seront déployés en vue de conférer à ces recommandations la portée la plus forte possible et d’assurer leur applicabilité par les enseignants ; complémentairement, les procédures de recours seront adaptées à la situation dans la même logique de concertation.

Les leçons sont suspendues par arrêté de l’autorité fédérale. Les cours ne peuvent donc pas être dispensés.
La continuité des apprentissages dans ce contexte de confinement est une question extrêmement sensible.
Plus le confinement sera long, plus l’équilibre entre la volonté de permettre aux élèves de progresser dans les apprentissages d’une part et celle de ne pas pénaliser certains élèves (élèves issus de milieux défavorisés, enfants dont les parents continuent à travailler et ne peuvent consacrer le temps nécessaire à leur accompagnement) d’autre part sera délicat à trouver.
Face à cette question, deux éléments essentiels doivent être soulignés :

  • Quels que soient les canaux utilisés (numérique, télévision, support papier, autres) pour permettre un enseignement à distance et quelle que soit la qualité des outils mis à disposition, rien ne peut remplacer l’enseignant dans sa classe, en présentiel, avec ses élèves.
  • Il faut dédramatiser l’impact qu’aurait une prolongation de la suspension des leçons sur le cursus scolaire de nos élèves. Une situation de suspension des cours de plusieurs semaines a déjà été vécue lors des grandes grèves des enseignants durant les années 90.   Dans les années qui ont suivi ces grèves, il n’a pas été constaté d’augmentation significative du taux d’échec ou de redoublement en Communauté française au-delà des tendances déjà observées par ailleurs. Dès lors, il a été décidé de prolonger les dispositions édictées dans la circulaire 7515, à savoir :
    « Des travaux à domicile peuvent être prévus. Les modalités sont laissées à l’appréciation des équipes éducatives dans le respect des balises suivantes, dans un souci d’assurer une égalité devant les apprentissages :
  • Les travaux ne peuvent en aucune manière porter sur des apprentissages qui n’ont pas été abordés préalablement en classe ; ils doivent s’inscrire dans une logique de remédiation- consolidation-dépassement ;
  • Les travaux doivent être proportionnés dans le contenu et le temps à y consacrer, en tenant compte : o De l’absence d’accompagnement pédagogique des élèves, qui seront parfois seuls à la maison. Le travail doit donc pouvoir être réalisé en parfaite autonomie ;
  • Si l’enseignant recourt à des modalités d’apprentissage en ligne, il doit impérativement s’assurer que chaque élève du groupe-classe dispose du matériel et du soutien pour s’y consacrer dans des conditions optimales ; à cet égard, je souligne que la Fédération Wallonie-Bruxelles travaille actuellement au renforcement de l’accès à son offre en la matière (e-learning, moodle) ;
  • Si des supports papiers sont distribués, tout doit être mis en place sur le plan organisationnel pour garantir un accès à tous les élèves
  • Il est recommandé autant que possible de mobiliser les moyens technologiques disponibles pour maintenir un lien social avec et entre les élèves autour des travaux proposés, pour autant que chacun puisse y participer ; 
  • Les travaux à domicile ne peuvent pas faire l’objet d’une évaluation sommative, mais bien d’une évaluation formative (sans notation). »

    La grande majorité des enseignants ont, dans ce cadre, veillé à maintenir un lien social autour des apprentissages avec leurs élèves et à déterminer, au sein du groupe-classe, les élèves qui devront faire l’objet d’un suivi plus spécifique au moment de la reprise des leçons. Je souhaite les remercier pour la qualité de leur travail. Ceux qui n’ont pas effectué cette tâche devront être invités à le faire. Plus globalement, il est important de tout mettre en œuvre pour essayer d’établir un contact individuel avec des élèves qui auraient échappé aux démarches déployées jusqu’ici pour maintenir le lien.

Extrait de la circulaire n°7541 – Caroline DESIR (Ministre de l’éducation)

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